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Ventouse en silicone : Perspective dans l'architecture


Ventouse en silicone et pigments

Créer un dynamisme dans l'architecture et les espaces vitrés

Sculpture (c) Yves Bodiou

Incorporation de l'eau




L'eau n'est-elle qu'un milieu transparent, fluide, homogène ?

Elle est aussi tout le contraire ? Un espace de vie trouble et diversifiée, inégalement structuré, profondément hétérogène.


L'eau, intimité du vivant, est un paysage poétique à investir. Sa profondeur et les sensations qu'elle procure nous incitent à retrouver en nous des étendues insoupçonnées, souterraines, des brumes et des décors lointains : l'eau des mythes et des origines, mais aussi celle qui prend part aux grandes transformations et à l'évolution du monde terrestre. 


Telle est l'idée de départ : non pas l'eau dans toute sa pureté, mais l'eau comme monde complexe et ample, ouvert, relié d'emblée à nos perceptions humaines singulières. Monde à part, dont la présence s'empare immédiatement de celui qui la contemple. 


Un caisson lumineux de deux mètres trente de côté constitue le support principal et porte à hauteur de table un ensemble plan mais irrégulier, fait de textures translucides inégales. Une double peau, composée d'une résine diffusante et d'une membrane de silicone, donne à voir une surface en jouant sur son ambiguïté : elle limite le regard tout en l'absorbant dans la matière, transparente par endroits mais diaphane et dense en d'autres. 



La luminescence bleutée du dispositif (un éclairage interne qui se mêle naturellement à la lumière extérieure) invite le regard à parcourir toute une série de marques et d'événements diffus, comme si un relief apparaissait au cœur même de la surface : des cavités, des empreintes, des aspérités, etc...

Des effets de contraste viennent accentuer la variation de la matière : mat et brillant, plein et creux, masse et légèreté, dedans et dehors.

Le regard, réfléchi ou diffracté selon les densités qu'il rencontre, traverse plusieurs états de l'eau (solide, liquide, gazeux), hésite, situe des formes sans pouvoir les détacher du milieu dans lequel elles baignent, là où les espaces et leurs limites se confondent. 


L'eau, le plus souvent considérée comme un élément minéral, inerte, apparaît alors organique, vivante, ferment d'animalités infimes. Des consistances et des couleurs différentes se côtoient de façon dynamique, tantôt laiteuses acides, opalescentes, tantôt limpides ou moirées, structurant un univers proche de celui des micro-organisme ou des mouvements moléculaires. 

L'imaginaire du spectateur est happé par le dispositif, dans une sorte de vertige qui l'emporte et le rend à la mémoire de son propre corps. Il y retrouve une liberté de sentir originelle. 

Installation - Sculpture (c) Yves Bodiou

Ventouses : Surface vitrée en résonance à Rouen



OBJECTIFS DU PROJET DE LA GRANDE VERRIERE DE L'INSA Rouen

L’institut National des Sciences Appliquées (Ecole d’ingénieurs scientifiques) de Rouen organise de son côté l’accueille en résidence d’artistes plasticiens en collaboration avec la Drac Haute-Normandie.

D’autre part, l’INSA a une programmation culturelle très dynamique et un  très large public, ainsi qu’une plateforme de diffusion et sensibilisation concernant toutes ses activités .

Mettre en parallèle la spécificité d’un projet artistique avec les spécificités d’une Ecole d’ingénieurs scientifiques offre la possibilité de trouver une collusion entre ces deux mondes.




La mise en forme de produits polymères à travers cette proposition artistique est en correspondance avec tout un pan de la recherche menée avec les étudiants au sein des laboratoires de l’INSA,et suscite bien des curiosités.  
   
L’idée est de s’inscrire dans une continuité tout en suscitant un rapport esthétique à la matière et au visible pour les étudiants et le personnel de l’INSA, ainsi qu’après du public qui fréquente ces lieux.

Un dispositif avec un impact visuel où chacun des acteurs s’inscrit dans une dynamique commune.




SURFACES VITREES EN RESONANCE


  • Un dispositif qui fusionne avec le verre comme réceptacle

Cette mise en espace sur la paroi de verre implique directement le regard,ce nouveau lieu d’échange visuel nous renvoie à un dedans mais aussi à un dehors.

Sous certains angles, la surface se perçoit comme reflet et revêt alors, un statut bien différent ; fait image et s’impose comme mémoire vivant du site, et, ainsi nous propose une autre réalité.

L’action in situ s’appuie sur cette dynamique interne et architecturale de la structure.

  • Une double résonance

L’élément  porteur prend tout son sens dans ce dispositif, les formes molles ventouses positionnées sur les deux faces du support fusionnent avec cette surface qui agit alors comme un réceptacle qui est lui-même mis en perspective à travers cette greffe.        

  • L’impact de la couleur

D’un point de vue colorimétrique, le dispositif repose sur le choix de deux pigments, l’un orange fluo, l’autre jaune clair fluo soufré, ce jeu de contraste par la couleur donne à ce nouvel espace une résonance ainsi qu’une ponctuation  toute particulière.

Cette interaction entre les formes colorées accrochées  au verre donne  une tension visuelle (attirance-répulsion) dans l’ensemble du dispositif proposé.

Par temps gris, le pigment fluo est d’autant plus actif, on obtiendra alors un contraste encore plus intense et réactif. 

Note : La forme géométrique sur les ventouses reprend le dessin des segments d’expérimentation dans les formules chimiques.

Ventouse
Sculpture (c) Yves Bodiou

La Ventouse en silicone crée le dynamisme dans l'architecture

Iconoclasses 2010


RESIDENCE – LES ICONOCLASSES .



Le dispositif des Iconoclasses est un trait d’union entre la vie quotidienne d’une école et la pratique artistique personnelle de l’intervenant.



Il s’agissait pour moi d’introduire une petite cellule expérimentale au sein de ce lieu, de mettre en place un projet que le site susciterait et de vivre ensemble les phases de recherche de doute et d’interrogation que pose toute pratique artistique.

J’ai mis l’accent sur Le processus de création sur l’idée de maquette qui permet de visualiser un projet en attente d’une réalisation à l’échelle, d’aborder les difficultés de la mise en œuvre des matériaux et de se confronter aux notion d’espace et de plasticité.

J’ai également essayé d’impliquer les élèves dans une confrontation entre l’espace du lieu et l’espace de l’œuvre .






Mon idée première fut celle de travailler sur le creux et l’empreinte au cœur même du terroir.


Quelques essais de mousse polyuréthanne expansé restaient trop flous et infructueux. Il me fallait un réceptacle pour trouver un sens à ces tentatives de mise un espace : J’ai donc décidé d’investir les surfaces vitrées comme lien symbolique car ces parois de verre impliquent directement le regard.

A ma grande surprise, je trouvais là un lieu d’échange insoupçonné : Traverser le verre nous renvoie à un dedans mais aussi à un dehors.

Sous certains angles, la surface n’est plus qu’un reflet qui crée une image, elle devient alors  mémoire vivante. L’action in situ s’appuiera donc sur cette dynamique interne  et architecturale intérieure extérieure.



Le vitrail était porteur de sens et d’histoire. J’ai voulu prendre en compte la structure de plomb qui soutient le verre et travailler celle-ci en tant que trait d’un point de vue du dessin. Cette dialectique pouvait fonctionner également dans l’autre sens. Le verre devenait alors l’élément structurel porteur donnant un sens aux formes  fusionnant avec la surface ; l’ensemble du tracé existe telle une excroissance lui appartenant et se fondant dans son immuable mémoire.



« Être crâne » de Georges Didi-Huberman (Dans  bien des cas, en effet,la fouille anatomique, la traversée perspectiviste, la théorisation  des formes n’ont que des conséquences déstabilisatrices: repères inversés ou anéantis, vision des choses livrée à l’étrangeté, au jamais-vu, aux paradoxes. Moyennant quoi, l’espace de notre visibilité familière se distord et se transforme en un lieu littéralement ouvert, lieu de béances, lieu construit d’imprévisibilités et de défis au sens commun).
 

Galerie Duchamp - Yvetot 2010

Installation (c) Yves Boudiou 

Villa Vincelli - Villes en Chantier





Villa Vincelli, une ville mise à plat dans tous ses états

La Ville en Chantier, maquette de ville, jeux d'échelles...

Projet (c) Yves Bodiou - 2007












Le TPQR



Le Projet TPQR - Tank en PQ Rose





un tank



grandeur nature



en papier hygiénique rose



qui diffuse une odeur de rose




Une mise en scène du dérisoire


Une œuvre gigantesque, éphémère, multi sensorielle

 


Intention de l’artiste

 

Yves Bodiou est un artiste plasticien qui part d’objets construits,de choses élémentaires et d’évidentes, pour jouer avec les représentations en se confrontant à la matière.

L’objet est détourné de sa matière originelle et dépossédé de sa vocation fonctionnelle.
S’opèrent un processus de distanciation, un glissement de sens entre l’objet et sa transformation, une sollicitation du sensible.

L’œuvre d’Yves Bodiou résulte d’une tension - réconciliation entre sens, contresens et esthétique.
Confronté au monde actuel, l’œuvre interroge et cette interrogation lui confère une nouvelle expressivité.

Le projet TPQR (Tank en PQ Rose) est issu d’une combinatoire entre image (celle du tank), matière (le papier hygiénique), couleur (le rose ) et odeur (la rose).

Il joue sur l’ambivalence des signifiants et des symboliques

C’est une mise en dérision d’une image, une mise en scène du dérisoire.

 
Tpqr, combinatoire entre image, matière, couleur, odeur

Image : le tank, un objet de guerre et de démolition.
Cette image n’est pas sans nous rappeler d’autres œuvres de l’artiste : les objets de démolition et les demeures inhabitables,icônes prémonitoires d’événements imminents .
Un des premiers jouets de son enfance  fut un tank qu’il s’était construit en carton et qu’il a conservé.
C’est aussi un clin d’œil au livre de Paul Virilio les Forteresses du dérisoire.

Matière : du papier hygiénique en rouleau ou en paquet
En associant le papier hygiénique à l’image du tank, l’artiste crée une sémiotique nouvelle : représenter un objet dur avec une matière souple, fragile, éphémère
Le papier hygiénique, sous sa forme packagée, rouleau ou paquet; est voué à un usage standard. L’artiste, par le geste fondateur de la sculpture, le met en dérision et le sublime.

Couleur : le rose
L’artiste a choisi de représenter le tank en rose.
Autrefois, on disait « incarnat », couleur de chair (chair à canon ?)
Depuis le 18 e siècle le rose est symbolique de tendresse, de féminité (c’est un rouge atténué, dépouillé de son caractère guerrier), d’optimisme (voir la vie en rose).
Notre société consomme ses références : le rose est la couleur attitrée des layettes des petites filles et des tutus des jeunes danseuses : un monde gracieux, innocent, évanescent, inoffensif. Il nous rappelle l’époque enfuie, suave et douce de notre enfance, de la gourmandise  (rose bonbon, praline, guimauve, chamalow) aux fournitures d’écolier (gomme, buvard) *.

Odeur : la rose
Le papier hygiénique fait référence à la merde, au sens propre et figuré.
L’artiste y associe le parfum suave et tenace de la rose, reine des fleurs. C’est la fleur à la symbolique la plus forte.

*Le rose du XX e siècle dégage un large éventail de sensations, de sens, de connotations et de symboles, complémentaires et contradictoires, décrits par la linguiste Annie Mollard -Desfour dans Le Dictionnaire des mots et expressions de la couleur – Le Rose, 2002 – CNRS Editions


Genèse du TPQR






Le jouet en carton qu’il s’est construit enfant

 





Moulage en plâtre du tank en terre


Moulage en résine des éléments qui constituent la maquette du tank







Dimensions du tank 



·      longueur 5 m

·      largeur 3 m

·      hauteur 2,30 m 





Matériaux



·      papier hygiénique



25 000 rouleaux  soit 2 tonnes, environ 500 km

4500 paquets soit 400 kg, environ 121 km



·      mousse polyuréthanne

·      bois

·      adhésif transparent armé

·      tube pvc

·      tube de carton

·      et divers




Diffuseur de parfum de rose 

Animal et Territoire - Installation



Installation d'une sculpture de trente cinq mètres carrés, composée de cinq formes circulaires en silicone de couleur, dans le cadre d'Art Sénat au Jardin du Luxembourg à Paris sur le plan d'eau de la Fontaine Médicis

Sculpture Nénuphars (c) Yves Bodiou- 2003



Grenades





Série grenade

Corps-contre poids, bras-balancier, la main serre puis lâche. La grenade trouve alors sa trajectoire, sa raison d’être ; déboule, roule, rebondit.

L’œil la scanne, la décrypte, l’identifie mais déjà vibrante d’impatience elle prend possession de l’espace en un fracas éclatant et mortel.

Immobile, sereine, féminine, le ventre rond, pleine d’orgueil elle se met en scène, presque docile par moments, toujours jouant d’une ambiguïté indéfinissable, elle intrigue.

Travesti, l’objet diffuse ses messages telle une publicité, se donne des airs inoffensifs, ambivalents, joue et joue encore de toutes matières, de tout sens, de toutes guerres.

Posée, immuable, inégalable, prête à toutes violences, elle figure au tableau des vanités « Vanitas vanitatum omnia vanitas ».

Sculptures – série grenade - Mousse polyuréthane– H 11 cm, diamètre 7 cm (c) Yves Bodiou





WWWC.COM-grenade papier hygiénique rose


Sida-grenade silicone


ONU-grenade silicone


Petro-grenade résine

RMI-grenade mousse polyuréthane


Chocolat orange-grenade chocolat résine (deux pièces)


Erika-grenade résine pétrole brut d’Erika


ONU-grenade bronze blanc